Des habitants de Kherson dans le sud de l'Ukraine marchent dans la ville ravagée par les frappes russes, profitant d'une trêve circonscrite exceptionnelle entre Kiev et Moscou, le 31 octobre 2026 ( AFP / Roman PILIPEY )
La trêve qui a permis l'évacuation d'habitants d'Olechky, ville occupée par la Russie dans le sud de l'Ukraine, doit prendre fin dimanche soir, un répit exceptionnel mais circonscrit alors que Kiev et Moscou poursuivent par ailleurs leurs frappes.
Cette trêve qui a débuté mardi matin a permis l'évacuation des habitants qui le désiraient de cette ville située sur la ligne de front dans la région de Kherson, aux accès minés, sous le feu croisé des drones russes et ukrainiens, et en proie depuis des mois à de graves pénuries.
Il s'agit du plus long cessez-le-feu depuis le début de l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine déclenchée en février 2022. Ni Kiev ni Moscou n'ont fait état d'aucune violation de l'accord, à la différence d'autres cessez-le-feu partiels, notamment à l'occasion des Pâques orthodoxes.
Des habitants évacués d'Olechky, ville occupée par la Russie dans le sud de l'Ukraine, dans un bus à leur arrivée en territoire ukrainien, le 31 octobre 2026 ( AFP / Genya SAVILOV )
Ce bref répit a également été une bouffée d'oxygène pour les habitants de la ville de Kherson, de l'autre côté du fleuve Dniepr, qui vivent eux aussi sous les feux croisés des deux armées ennemies.
"Il faut en profiter pour avancer (...) nous préparons les rosiers pour qu'ils puissent survivre cet hiver", a raconté Volodymyr Omeltchenko, un jardinier de la ville, à l'AFP.
Le Pape Léon XIV, qui avait lui-même soutenu l'idée d'une trêve humanitaire à Olechky, a dit espérer que cette coopération entre Kiev et Moscou "renforcera la volonté de dialogue et conduira à de nouvelles initiatives concrètes en faveur de la paix".
"Ca va être l'enfer"
Aucune des personnes rencontrées par l'AFP ne se fait cependant d'illusion : la guerre reprendra aussitôt le cessez-le-feu terminé dimanche soir.
"Ça va être l'enfer, encore pire qu'avant", prédit une source militaire locale, qui souhaite garder l'anonymat.
Les forces russes, positionnées sur l'autre rive du fleuve, ont profité du calme des derniers jours pour amasser de nouvelles troupes, acheminer des stocks de munition, et collecter des renseignements sur les positions ukrainiennes à l'aide de drones de surveillance, selon l'officier.
La Russie comme l'Ukraine ont par ailleurs continué leurs frappes en dehors de la zone du cessez-le-feu.
Une frappe russe dimanche a fait deux morts dans la région centrale de Vinnytsia et blessés trois enfants, selon les autorités ukrainiennes.
Un tram transporte des passagers à Kiev, capitale de l'Ukraine, en proie aux pannes de courants et délestages à cause des frappes russes, le 31 octobre 2026 ( AFP / Tetiana DZHAFAROVA )
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé plus tôt des frappes russes nocturnes sur les installations énergétiques de quatre régions du pays qui ont laissé "des centaines de milliers de familles sans électricité".
Selon le ministère de l'Énergie ukrainien, des pannes de courant causées par ces frappes russes affectent particulièrement les régions de Dnipropetrovsk et Kiev.
L’Ukraine continue également de viser la Russie et les territoires occupés, notamment les infrastructures pétrolières. Kiev qualifie ces frappes de réponses à celles de Moscou sur son réseau énergétique, et tente également d'assécher une importante ressource financière pour la Russie.
Les autorités installées par Moscou dans les territoires occupés de l'est de l'Ukraine ont fait état de cinq morts dans des frappes ukrainiennes entre samedi soir et dimanche.
Les autorités russes ont également fait état de frappes contre un site industriel dans la région de Nijni Novgorod, à l'est de Moscou.
Selon des médias ukrainiens, la raffinerie de Kstovo a été touchée, l'une des plus grandes du pays.
Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises exigé que Kiev cesse ses frappes sur les raffineries russes, estimant qu'elles sont responsables de l'augmentation des prix du carburant. Les experts attribuent en revanche cette situation à la guerre au Moyen-Orient déclenchée par les États-Unis et Israël.
Les efforts diplomatiques sous médiation de Washington pour mettre fin à l'invasion russe en Ukraine sont pour l'instant à l'arrêt. Une rencontre trilatérale entre les États-Unis, la Russie et l'Ukraine doit cependant avoir lieu en novembre.

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